Un tournant majeur pour la filière biométhane
Depuis quelques mois, la filière française du biométhane est en pleine mutation. Alors que des signaux clairs confirment la limitation progressive du mécanisme d’Obligation d’Achat(fin de l’OA pour les cogénérations biogaz, application du coefficient de dégressivité avenir…) et que la simplification des conversions de sites de cogénération les oriente vers l’injection, un nouveau mécanisme prend de plus en plus d’ampleur et s’affirme comme un véritable relai pour la filière : les Certificats de Production de Biogaz (CPB).
Créé par la loi Climat et Résilience en 2021 et précisé par décret en juillet 2024, le dispositif des CPB marque une étape clé dans la structuration du marché du biométhane en changeant la logique du soutien public : au lieu de reposer uniquement sur des subventions, il introduit un soutien de marché, fondé sur l’obligation pour les fournisseurs de gaz de prouver leur contribution à la production de gaz renouvelable, injecté dans le réseau.
Une évolution à la fois économique, réglementaire et stratégique pour l’ensemble des acteur·rices de la filière.
Que sont les Certificats de Production de Biogaz (CPB) ?
Ces certificats attestant plus précisément qu’un mégawattheure(MWh) de biométhane a été produit et injecté dans les réseaux français. Chaque producteur de biométhane peut ainsi générer des CPB correspondant à sa production, et les vendre à des fournisseurs de gaz, qui sont tenus d’en acquérir pour répondre à leur obligation légale.
Ce mécanisme s’inspire d’autres outils de transition énergétique, comme les quotas carbones ou les Certificats d’Économie d’Énergie (CEE), mais s’applique ici spécifiquement au gaz renouvelable.
À partir de 2026, les fournisseurs devront ainsi restituer une part croissante de CPB, jusqu’en 2028. En cas de manquement, une pénalité de 100€/MWh de CPB manquant est prévue. Le registre national des CPB sera administré par EEX (European Energy Exchange), garantissant la traçabilité et la transparence du dispositif.
CPB et Garanties d’Origine (GO) : deux outils complémentaires mais distincts
Les Certificats de Production de Biogaz (CPB) et les Garanties d’Origine (GO) répondent à une idée commune : assurer la traçabilité et la reconnaissance de la production de gaz vert.
Cependant, leur logique et leur portée diffèrent :
- CPB (Certificats de Production de Biogaz) : c'est une obligation pour les fournisseurs qui a pour but de soutenir la production et l'usage de biométhane en France. Le certificat s'établit entre le producteur·rice et le fournisseur·rice.
- GO (Garanties d'Origines) : c'est un mécanisme volontaire pour les consommateurs qui a pour objectif de prouver la consommation de gaz renouvelable. Ce mécanisme a lieu le producteur·rices et le consommateur·rices, à l’échelle européenne.
En résumé, les Certificats de Production de Biogaz soutiennent la production de biométhane, et les Garantis d’Origine valorisent sa consommation.
Un marché en pleine évolution : avantages économiques
Le prix d’un CPB n’est pas fixe : il dépendra de l’équilibre entre l’offre de biométhane disponible et la demande. C’est un mécanisme de marché, qui permet de pérenniser le développement de la filière de production de biométhane, tout en assurant un débouché pour les producteurs, dont les agriculteurs, le tout sans mobiliser le budget de l’Etat.
Le nombre de CPB attribués dépend d’un coefficient de modulation, qui ajuste la quantité de certificats en fonction du type et de l’ancienneté de l’installation. La mise en place et les ajustements se sont poursuivis depuis le lancement du dispositif via le décret du 6 juillet 2024. Au mois d’octobre2025, une étape importante a par exemple été franchie, avec la diffusion de la délibération de la Commission de Régulation de l'Énergie (CRE), concernant un ajustement du coefficient de modulation des certificats.
En bref, la commission donne un avis favorable à ce que les unités de cogénération basculant vers l’injection aient un coefficient de production de CPB de 0,95 après 15 ans de fonctionnement, contre 0,8 initialement. Un signal positif pour encourager la conversion des unités de cogénération vers l’injection.
Cela permettrait d’élargir le champ des installations pouvant être converties, et d’assurer une meilleure pérennité économique à ces projets. D’autres pistes sont évoquées pour continuer à renforcer le dispositif : donner une visibilité plus longue (au-delà de 2028), ou adapter les coefficients selon la taille des installations.
Le rôle clé des CPB dans la transition énergétique française
Comme la CRE le souligne, les CPB représentent un mécanisme d’avenir pour le biométhane, et sa réussite est stratégique en faveur de la décarbonation du gaz en France. L’objectif : atteindre 6.5TWh de certificats restitués dans les réseaux en2028, soit environ 5.6 %du gaz consommé par le secteur résidentiel.
Au-delà des chiffres, les CPB traduisent une volonté plus large d’accélérer la transition énergétique française, en créant de la valeur locale. Le dispositif vise à soutenir les exploitant·es et gérant·es d’unités de méthanisation, tout en offrant au secteur une solution concrète pour décarboner leurs activités. Le principe assez libre de mécanisme de marché en fait également un champ d’innovation pour de nouveaux modèles de production et de valorisation, notamment à travers le gaz porté et les Hubs Methagora.
À long terme, les CPB pourraient aussi concerner d’autres modes de production de gaz renouvelable, comme la pyrogazéification ou le power-to-gas, renforçant la diversité technologique du mix énergétique.
Methagora et les CPB : rendre l’accès au biométhane simple et rentable
Chez Methagora, nous sommes convaincus que la réussite du mécanisme des Certificats de Production de Biogaz (CPB) repose sur une chose essentielle : établir un lien accessible entre le monde agricole de la production de biogaz, et le monde de l’énergie et ses grands acteurs de fourniture.
Côté agriculteur·rices :
Ce dispositif s’adresse aux exploitants agricoles qui souhaitent transformer leur unité de méthanisation pour injecter du biométhane dans le réseau. Il leur permet ainsi de bénéficier des Certificats de Production de Biogaz (CPB) et de mieux valoriser leur production. Methagora prend en charge l’ensemble du processus de cette évolution — aspects techniques, logistiques, administratifs et financiers — y compris les démarches liées à la rupture de contrat d’Obligation d’Achat. Nous assurons également la certification RED II, la génération des preuves de durabilité (POS) ainsi que l’enregistrement du biométhane au registre national des CPB. Ce levier économique et tangible, récompense chaque MWh injecté et offre aux agriculteur·rices un revenu complémentaire durable pour leur contribution à la production locale de gaz.
Côté énergéticiens :
Le biométhane fourni par Methagora est un gaz réellement renouvelable, issu d’unités agricoles françaises, et techniquement identique au gaz naturel du réseau, parfaitement adapté aux usages résidentiels, thermiques ou de mobilité. Chaque MWh livré est lié à un Certificat de Production de Biogaz (CPB), garantissant la traçabilité, la conformité réglementaire et la contribution réelle à la durabilité de l’activité.
Ce certificat s’accompagne d’une preuve de durabilité (POS),assurant une transparence totale sur l’origine et la qualité du gaz. En complément, la mise en place de Biogas Purchase Agreements (BPA) offre une vision budgétaire sur le long terme aux parties, grâce à des prix stable et approvisionnement continu. L’entrée en vigueur des CPB marque une nouvelle ère pour la filière du biométhane française. Au-delà d’une obligation réglementaire, il s’agit d’une opportunité économique et écologique : un moyen de rendre visible et valorisable la contribution des producteur·rices aux objectifs énergétiques nationaux.
Pour les agriculteurs·rices et les industriel·les, comprendre et anticiper ce mécanisme dès aujourd’hui, c’est se donner les moyens de rester acteur·ices de la transition énergétique. Et pour Methagora, c’est l’occasion de poursuivre notre mission : ouvrir de nouvelles voies de valorisation du biométhane, pour toutes et tous, et poursuivre les innovations dans la filière.





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